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LA VISITE

The visit.
July, 2011.

Between two cigarette puffs on the road to his house, my grandfather tells me his life. Here he met my grandmother. Over there the place he arrived when he was a child in care, and where he could have been killed, because his dog had bitten a German officer during the second war …
We arrive. His house was the gathering point of our family. My grandfather passed down the important things, to my father, then to me and finally to my two sons.
In only just one year, this house rotted, assailed by the time. We look. We know what is at work here, silently and in this strong musty smell. He sits down, roll another cigarette and he says to me to take all what I want in the house.
Then we go to the garden where fruits rot on the ground. Nobody anymore picks them. To please him, I take two baskets of peaches and pears.
We leave and he goes back into his souvenirs.
When we are back to retirement home, he confides to me that nothing more will change for him : his return to the dust is so close.
For me, it is the sign of the end of a world.

La visite.
Juillet 2011.

Entre deux bouffées de cigarette sur la route qui mène à sa maison, mon grand-père me raconte sa vie. Ici il a rencontré ma grand-mère. Là-bas il a été placé dans une famille, par l’assistance publique. Sur cette place il aurait pu perdre la vie, son chien avait mordu un officier allemand…
Nous arrivons. Sa demeure était le point de ralliement de notre famille. Mon grand-père y a transmis les choses importantes, à mon père, puis à moi et enfin à mes deux fils.
En une année à peine, cette maison a pourri, assaillie par les « traitrises » du temps. Nous nous regardons. Nous ne sommes pas dupes de ce qui est à l’œuvre ici, en silence et dans cette forte odeur de renfermé. Il s’assoit, roule une autre cigarette et me dit de prendre ce que je désire. Puis nous allons au jardin où les fruits pourrissent au sol. Plus personne ne les ramasse. Pour lui faire plaisir, je remplis deux paniers de pêches et de poires.
Nous repartons et il replonge dans ses souvenirs.
De retour à la maison de retraite, il me confie que plus rien ne changera pour lui et que le retour à la terre est proche.
Pour moi, c’est l’annonce de la fin d’un monde.

© Franck Gérard, 2011.

If you want to see the first part of this work it’s here :http://www.franckgerard.eu/portfolio/sur-la-terre/