La peau
L’hiver venu, la montagne se drape d’un manteau de neige.
Cette texture blanche adopte une infinité de formes, de textures, et de contrastes.
À la manière d’une peau, cette blancheur révèle autant qu’elle transfigure les paysages.
La montagne représente aujourd’hui un terrain de jeu, de loisirs où l’on se rend en vacance. On apporte avec soi son appareil photo et l’on envoie des cartes postales à ses amis, sa famille.
L’image même de la montagne est, de ce fait, un stéréotype; on voit régulièrement le même type de paysage à travers cette imagerie populaire. C’est pourquoi, j’ai choisi de faire réaliser une série de 36 cartes postales numérotées et diffusées librement sur le domaine skiable de Serre Chevalier dans le cadre de l’événement culturel « Neige de culture ».
En effet, les histoires de la photographie et de la représentation sont fortement liées à ce support. Depuis le XIXème siècle et en particulier au début du XXème la carte postale a subit un essor extraordinaire.
Aujourd’hui, elle est en train d’être supplantée par les nouveaux médias.
Les images se propageront donc à la fois sur le domaine skiable c’est à dire à l’intérieur même du paysage où elles ont été produites (à la manière d’un reflet, d’un miroir), distribuées par des colporteurs, mais aussi à l’extérieur de la vallée envoyées ou ramenées par les skieurs.
À travers ce territoire, je propose une série d’images qui parle des poncifs d’un paysage tel que celui de la montagne, dont l’échelle nous échappe, mais aussi de sa mue lorsqu’elle est recouverte de neige formant des motifs.
Si on se réfère à l’histoire de l’art, le blanc en est un élément vital, de Malévitch à Opalka, de Buren à Mondrian ou encore justement dans la couleur du papier qu’il soit celui du dos d’une carte postale ou du papier photographique sur lequel l’image se révèlera.
Franck Gérard.